Création 2027 · Théâtre & musique

L'Ogrelet.

L'Ogrelet vit seul avec sa mère dans une maison au cœur d'une forêt dense, en retrait de la communauté villageoise. Le jour où il commence à fréquenter l'école et les autres enfants, il découvre sa différence : il est le fils d'un ogre que sa mère a passionnément aimé. Pour se délivrer de son attirance irrépressible pour le sang frais, il devra affronter trois épreuves dont il sortira grandi. Un récit noir et tendre de Suzanne Lebeau qui nous réconcilie avec notre part d'ombre.

Dès 8 ans 50 min Création 2027 Théâtre & musique D'après Suzanne Lebeau

Trente ans après, qu'entend-on ?

— L'Ogrelet, en 2027 — un peu plus d'une génération plus tard.

La maison-cabane au cœur de la forêt — L'Ogrelet

Le texte

Le fils d'un ogre, qui doit grandir parmi les humains.

L'Ogrelet de Suzanne Lebeau (1997) est devenu un classique de la littérature théâtrale jeunesse, monté bon nombre de fois depuis sa création. Un récit noir et tendre : un enfant affronte trois épreuves pour se délivrer de ce qu'il croit être sa nature, et apprend, en chemin, à devenir lui-même.

« Ne t'attarde pas après la classe, ni dans le village, ni dans la forêt. »
— L'Ogrelet, Suzanne Lebeau

Texte : Suzanne Lebeau, 1997 · Édition : Théâtrales jeunesse.

Note d'intention — Suzanne Lebeau

« L'espoir est la seule obligation de l'enfance. »

« Les souvenirs d'écriture de l'Ogrelet racontent bien pourquoi j'écris pour les enfants et comment je le fais maintenant. Le vide du départ, immense, insaisissable et vertigineux. Le désir, sans plus, d'écrire pour un public qui est là, présent, avide, palpable et difficile. La peur terrible et l'envie de dire, dans des mots et des images au poids signifiant qui rendent compte du monde. Un monde tel que je le sens à travers les questions essentielles qui m'habitent et ne se taisent pas quand j'écris pour les enfants. Un monde tel que je le regarde à travers les grands événements et les petits faits divers qui ne me laissent pas indifférente. … c'est l'espoir qui a poussé… car au fond, l'espoir est la seule obligation de l'enfance. »
— Suzanne Lebeau

Trente ans après, qu'entend-on ?

Lire L'Ogrelet à la lueur de 2027.

En 2027, L'Ogrelet a 30 ans. Cela fait plusieurs années que la pièce nous accompagne, un lien d'affection latent, un projet en attente, une envie commune secrète. Quand nous avons découvert cet anniversaire, cela a été évident : c'est maintenant. Maintenant qu'il faut se poser la question : qui sont les ogres aujourd'hui ? Et leurs enfants ? De quoi sommes-nous les héritier·es ?

01

Lire à la lueur du présent

À chaque temps ses parts d'ombre mises en lumière, ses controverses. Remettre au goût du jour ce texte universel, c'est l'ouvrir aux questionnements du moment, en ayant soin de n'empêcher personne d'entendre ce qui en elle, en lui, résonne.

02

La musique, notre alliée

Pour ne rien empêcher, et pour faire résonner — notre réponse sera, en grande partie, de la musique. C'est du théâtre, mais on entend de la musique. Le piano est l'instrument principal, dans la cuisine, c'est un piano de cuisine.

03

Le chant féminin

Le chant sera féminin. La mère de l'Ogrelet surtout chantera. Sa partition aussi doit dire la promenade dans le temps. Les inspirations vont bon train. L'Ogrelet poussera-t-il la chansonnette ? Seules les tentatives répondront à cette question.

04

Une scénographie d'arrachement

Un bout de cabane, un parquet déchiré. Comme si quelqu'un l'avait prise cette maison, et l'avait emmenée où il voulait — peut-être un ogre ? Au centre : une table imposante, table de cuisine, table de l'activation et des cogitations.

L'autrice

Suzanne Lebeau.

Née en 1948 au Québec, Suzanne Lebeau se destine d'abord à une carrière d'actrice. Mais après avoir fondé Le Carrousel avec Gervais Gaudreault en 1975, elle délaisse peu à peu l'interprétation pour se consacrer exclusivement à l'écriture.

Aujourd'hui, l'autrice a vingt-sept pièces originales, trois adaptations et plusieurs traductions à son actif. Elle est reconnue internationalement comme l'une des cheffes de file de la dramaturgie pour jeunes publics. Avec plus de cent trente productions répertoriées, elle compte parmi les autrices québécoises les plus jouées sur tous les continents.

« Mettons-nous à table sans attendre, tu dois avoir l'estomac dans les talons après toutes ces émotions. »
— L'Ogrelet, Suzanne Lebeau

Les personnages

En chair, en voix, en ombre.

Comme l'a souhaité Suzanne Lebeau, certains personnages sont là, d'autres s'entendent sans se voir. Le plateau choisit ses présences.

01

La mère & l'Ogrelet

En chair et en os, incarnés par Justine Bahl (la mère) et Jérôme Rousselet (l'Ogrelet). Le duo central de la pièce, sa colonne vertébrale.

02

Le père · La maîtresse

Lus, jamais incarnés. Leurs voix n'apparaissent qu'au travers de celles des autres, comme l'a souhaité Suzanne Lebeau.

03

Le loup

Lui, apparaît. Mais à l'inverse de l'adage : notre loup apparaît quand on ne parle pas de lui — entité masquée qui pourrait rôder en amont du temps de la pièce.

04

Le coq · Pamela

Le coq pourrait se faire entendre sans forcément se faire voir. Quant à Pamela… quel sort allons-nous lui réserver ?

L'équipe artistique

Celles et ceux qui creusent.

Justine Bahl

Au jeu, à la musique et au chant — elle sera la mère

« J'aime l'enchaînement des mots de cette pièce, j'aime ses rythmes, ses mélodies. J'aime l'écriture de Suzanne Lebeau, mais parmi ses écrits j'ai une affection particulière pour L'Ogrelet. Pour Gretel et Hansel aussi, sans doute parce que j'aime profondément la forêt, commune aux deux. Et tout ce qu'elle ose soulever, sans en avoir l'air. »

« S'agissant de la mère, elle porte dans ses mots et ses attitudes à la fois tous les clichés de la mère inquiète, mais aussi de la femme qui se bat en permanence et qui y arrive. Je la pense comme une femme forte, qui nous laisse entrevoir ses doutes, sa profonde intimité. J'aime qu'elle écrive et reçoive des lettres, j'entends les mélodies, je cherche déjà sa voix. La musique porte cette magie de faire entendre les choses autrement, mais surtout, parfois, de faciliter l'écoute des mots et des idées, et j'aime ce dessein d'accessibilité grandissante. »

« Dis-moi des détails qui vont remettre de l'ordre dans ma tête folle. »
— L'Ogrelet, Suzanne Lebeau

Otilly Belcour

À la mise en scène

« Petite, ma mère me disait toujours de mettre un pull de peur que j'attrape froid. Moi je jouais à cache-cache dehors avec ma sœur, et je dégoulinais de sueur. C'est le souvenir joyeux que j'ai de ces parties de jeu à l'extérieur, mon dos mouillé qui collait à mon t-shirt et des petits cheveux englués à mes tempes qui ne volaient pas au vent lorsque je courais trouver une cachette… »

« … Ce souvenir fonctionne aussi lors des barbecues de l'été, où s'ajoute fatalement l'odeur du charbon à mon tricot de circonstance, ainsi qu'à ces lumineuses nuits de feux d'artifices du 14 Juillet ou du 15 Août en Italie qui coloraient mon chandail. Je ne vous parle même pas des chaussettes que nous portions dix mois de l'année sur douze. Ma mère allant jusqu'à toujours avoir une ou deux paires en rab dans son sac à main. Puis, en grandissant, une amie de la famille, de passage à la maison, nous a raconté cette blague après que ma mère m'ait une nouvelle fois sommée de mettre un foutu gilet sur mon dos pour ne pas attraper la mort avant que je sorte « traîner dehors avec mes copines » : tu connais la définition du gilet ? Me demande cette amie. C'est un vêtement que les mères font porter à leurs enfants lorsqu'elles ont froid. »

« Et la lumière fut… »

« … Après avoir beaucoup ri toutes les trois, je suis allée jusqu'à me demander si un jour, dans ma petite vie, j'avais déjà eu véritablement froid. Est-ce que j'avais déjà eu la chair de poule, des frissons jusqu'au bout des doigts, un léger tremblement de la nuque, les premières phalanges des orteils endolories ou les poils de tout mon corps qui se hérissent comme autant de petites épées prêtes à défier quelconque hiver. Et que si ça ne m'était jamais jamais arrivé, je rassemblais déjà tout mon courage dans mon nouveau corps d'adolescente, que j'apprenais chaque jour à connaître, afin d'affronter cette nouvelle épreuve. Je pensais à tout cela alors que je marchais dans les rues de mon quartier, entourée de mes deux meilleures amies, l'une en bustier l'autre en débardeur, et moi au milieu, sweat Adidas à capuche (on ne sait jamais). J'ai alors décidé ce soir-là, entre deux taffes de Vogue à la menthe, d'ôter mon sweat et de me laisser surprendre par la fraîcheur de la tombée de la nuit. Et surprise je le fus, j'ai découvert au crépuscule de cette fin d'été que mes cheveux lâchés me permettaient de gratter quelques degrés dans la nuque ! Hourra, au diable la queue de cheval tendance. Je suis bien sûr rentrée frigorifiée et ai commencé la saison de l'endormissement avec la bouillotte sur les pieds plus tôt que prévu. Ma mère m'a passé un savon en constatant mes lèvres violettes et mon odeur de tabac froid. Le ton monte, comme entre un volcan et un blizzard. Et puis mon beau-père, de son calme olympien, nous passe une main sur les épaules et nous dit : « l'ado se pose en s'opposant. » Fin du game, tout le monde au plume. »

« Calme-toi, Simon ! Aujourd'hui tu vas rester au lit et te refaire des forces. J'irai à l'école dire à ta maîtresse que tu es malade. Viens, que je t'installe sous tes couvertures. »— L'Ogrelet, Suzanne Lebeau

« Mais en cherchant le sommeil, et la chaleur, je me suis demandé, dans mon grand lit d'ado, comment apprend-t-on ? Que retient-on de nos propres expériences ? Aurais-je aimé avoir froid plus tôt ? Aurais-je aimé avoir froid aux côtés de ma mère ? Est-ce qu'elle a eu trop froid, ma mère, et que cette sensation lui est si insupportable qu'elle s'applique à l'éloigner chaque jour de ses enfants ? »

« À ma première lecture de L'Ogrelet, c'est cette anecdote qui m'est immédiatement venue en tête. Cette histoire bien sûr, et ce lot de questions qui m'accompagnent et entourent aussi ce merveilleux conte de Suzanne Lebeau. Qui sont nos tuteurs ? La mère de L'Ogrelet est-elle si protectrice qu'on le croit ? Qu'est-ce que ses peurs à elle provoquent sur son fils ? La protection empêche-t-elle l'émancipation ? Et puis de quoi a-t-elle peur au fond ? »

« Bien sûr il y a énormément de couches de travail dans cette œuvre, et autant de couches que d'acteur·ices qui décident d'interpréter les rôles de la mère et de son fils. Mais j'ai envie d'explorer ce lien autour de l'apprentissage. Avec la langue de Suzanne Lebeau, je veux questionner cette « lourde » hérédité que porte l'Ogrelet, cette soif de se libérer de sa filiation par ses propres tentatives, ses échecs. Je veux voir comment un enfant sort de sa chrysalide, par quels moyens et grâce à qui, si ce n'est lui-même. »

« J'ai plein de réponses à ces questions, qui changent parfois, selon mon propre parcours dans la vie. J'ai aussi de nouvelles questions qui découlent de mes diverses explications plus ou moins rationnelles. Que ce soit concernant le port du gilet ou de L'Ogrelet. Mais la seule chose immuable dans ces chemins de réponses que j'emprunte, c'est que j'ai toujours une paire de chaussettes en rab dans ma banane. »

Laetitia Bonnet

À la création lumière et à la régie

« J'ai découvert ce texte grâce à Jérôme et il a tout de suite résonné, je l'ai trouvé dans l'air du temps. A-t-on une nature profonde ? Qu'est-ce qui nous rattrape ? Comment gère-t-on des découvertes sur nous-mêmes ? Suzanne Lebeau soulève tout un tas de questionnements internes, tout en douceur et subtilité, et beaucoup de sujets peuvent faire écho. Nos parts d'ombres et de lumière. »

« Je suis ravie de pouvoir mettre en lumière et soutenir tout cela dans ce projet, en jouant justement avec l'ombre et le contraste. »

Armen Heydon

Scénographe, conception de décor

Conceptrice et constructrice de la music mobile, fidèle destrier de Noël, de la déesse Clitôris, et d'une sacrée série de spectacles créés dans le cadre de projet EAC ou autres projets de création. Alliée de lectures et de temps étirés, bientôt à nouveau avec la cie pour la création de « L'Ogrelet ».

Jérôme Rousselet

Au jeu — il sera l'Ogrelet

« Je me demandais, il n'y a pas très longtemps, si je pouvais encore, à 44 ans, jouer le personnage de Maurice, 8 ans, dans À la porte de Nicolas Turon… Et voilà que sur le chemin surgit L'Ogrelet, Simon, 6 ans… Finalement, Maurice, Simon, même combat, je me dis. Même défi, même ombre de l'adulte absent, mêmes démons à chasser perpétuellement, même obstination pour grandir. Grandir pas trop vite. Grandir pas trop mal. Faire l'enfant ! Du mieux qu'on peut. Tant qu'on peut. Jouer l'enfance… Quelle chance ! Quel cadeau ! Vivement, je me dis. »

« Que fais-tu si la maîtresse te dit : "Tu es trop grand pour venir à l'école" ? »— L'Ogrelet, Suzanne Lebeau

Calendrier de création

Quatre temps de résidence.

Le projet se tisse avec un réseau de lieux partenaires en Alsace, au fil de quatre temps de résidence en 2026 et début 2027.

05.26

Résidence — Le PréO

25 → 29 mai 2026 · Oberhausbergen

07.26

Résidence — Pôle culturel

29 juin → 3 juillet 2026 · Drusenheim

09.26

Résidence — Salle du Cercle

7 → 11 septembre 2026 · Bischheim

01.27

Résidence — Salle du Cercle

20 → 24 janvier 2027 · Bischheim

Le projet

Fiche du projet.

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Texte
D'après L'Ogrelet de Suzanne Lebeau (1997, Théâtrales jeunesse)
Genre
Théâtre et musique
Public
Jeune public, à partir de 8 ans
Durée
50 minutes
Jauge
150 spectateur·rices
Création
2027
Interprétation
Justine Bahl (la mère) · Jérôme Rousselet (l'Ogrelet)
Mise en scène
Otilly Belcour
Production
Compagnie Bas lespat chez Artenréel Spectacle

Création en cours

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